Les voyages à vélo

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Du Pacifique à la Bolivie : à travers désert, salar et geysers.

Ecrit par admin le mardi 10 mai 2005

Je retrouve Tim et son vélo noir « red bull » à Antofagasta, ville de 300 000 habitants, sans charme, bordant la côte chilienne quasi à l’extrême nord. Notre plan est le suivant : premièrement traverser le désert d’Atacama dans sa largeur et par ses petites routes, puis traverser le salar d’atacama (lac de sel) pour rejoindre San pedro d’Atacama et prendre la route vers la Bolivie en passant par les geysers de Tatio.

Désert d’Aacama, 3 jours, 150 km, de 0 à 3000m d’altitude.

Ce désert est le plus arride au monde. Nous pédalons le premier jour en compagnie d’un cycliste quinquagénaire pour quitter Antofagasta et rejoindre une nouvelle fois la panaméricaine. Il ne faut parcourir que 10km vers l’intérieur du pays pour se retrouver en plein désert mais hélas pour mes mollets il faut avant tout traverser la cordillère de la côte. Nous trouvons refuge dans une usine de réparation d’engins de mine. Les mines représentent ici la principale activité et nombreux chiliens migrent au nord du pays dans l’espoir d’y trouver du travail. Les ouvriers nous tendent sandwichs et boissons a profusion.

Le lendemain, nous prenons les derniers conseils pour notre route avant de laisser définitivement l’autoroute chilienne derrière nous et nous enfoncer vers le désert. Par chance, la route est bonne et nous atteignons une mine de cuivre pour y passer la soirée, seul point de ravitaillement possible et dernier endroit où rencontrer des gens. Hélas le « chef » ne nous laisse pas rentrer pour des « raisons de sécurité ». C’est la première fois que je reçois une telle réponse de la part d’un sud américain… Heureusement, 30 minutes plus tard, les gardes nous réconforte en nous offrant un menu complet et en insistant pour nous faire rentrer, le chef ayant changé d’avis ! La nuit est fraîche et repose nos corps brûlant du soleil de la journée.

En quittant la mine, nous sommes bel et bien livrés à nous même pour 2 longues journées de vélo. Nous passons un col à 2400 m puis un autre à 3000 m, ceux-ci sont un entraînement pour le futur altiplano de Bolivie (entre 4000 et 5000m). Le denier col franchit nous offre une vue surprenante avec à nos pieds le salar et sa blancheur et face à nous une rangée d’une vingtaine de volcans (frontière avec l’Argentine) chacun orné d’un chapeau neige. La descente vers le salar est un pur plaisir, récompense de deux jours d’ascension.

Le salar d’atacama, lac salé au sud de San Pedro d’Atacama (nord du chili).

Ancien lac dont l’eau s’est totalement évaporée pour laisser place à un désert de sel. La route est plate et rectiligne à en dormir sur le vélo. Autour de nous, sous forme de terre labourée ou de grandes plaques, du sel à perte de vue. Notre bivouac est rudimentaire : un surface juste suffisante pour mettre nos 2 sacs de couchage. Par contre, le couché du soleil nous offre un fabuleux spectacle en enflammant les sommets de la chaîne de volcans qui nous fait face.

La matinée suivante, la même route de sel nous conduit facilement à Peine, village au milieu d’un oasis aux rues calmes et ombragées. Ravitaillés et reposés nous continuons notre route vers le Parc National de los flamencos. Nous arrivons pour le coucher du soleil et le garde nous offre une pièce pour dormir et nous laisse seul avec les flamants roses qui ne cesseront de jacasser toute la nuit. A la fraîche, nous leur rendons visite et ils nous présentent leurs plus belles couleurs au contact des premiers rayons de soleil. Nous quittons cet endroit paisible et par la même occasion le salar d’atacama pour rejoindre la civilisation et le village de San Pedro de Atacama. Haut lieu du tourisme chilien et internationnal, San Pedro a su garder un minimum d’authenticité avec son architecture au mur de terre et ses rues poussiéreuses. Nous rencontrons ici 2 cyclistes, Roberts et Christophe, et passons la soirée ensemble dans la vallée de la Luna. Depuis ces dunes de sable, nous prenons la route vers les geysers del Tatio.

Geysers del Tatio, 4 jours, de 2400 à 4500 d’altitude, de-12ºC à 30ºC.

Nous avons des difficultés à obtenir des informations précises sur la route et les possibilités de ravitaillement mais nous apprenons quand même qu'il nous faudra franchir 2 cols à 4500m d’altitude, que la température peut atteindre les -20ºC et qu’il ne sera pas difficile de trouver de l’eau puisqu’il vient de neiger… En deux jours, nous parcourons 40km (une moyenne de 4km/h…), et montons de 2000m en altitude.

Le jour suivant, le chemin se transforme en piste de sable, les effets de l’altitude pompent mon énergie et ma motivation, le moindre effort fait raisonner mon cœur violemment dans ma tête, les cols sont parmi les plus difficiles jamais rencontrés (l’un d’entre eux s’appelle : « cuesta el diablo » ) et me contraignent à pousser difficilement mon vélo pendant parfois plusieurs kilomètres. C’est à ce moment que Erika et Bruno, à bord de leur camping car « Mercedes Unimog » nous proposent un coup de main pour les derniers kilomètres. Confortablement installé sur de larges banquettes, nous atteignons facilement el Tatio.

Les geysers, situés sur un plateau à 4300m sont entourés d’un cirque de volcans culminant à plus de 5000m d’altitude. Ils crachent en permanence une eau à plus de 85ºC, réchauffée par le magma souterrain qui remonte proche de la surface de la terre par le biais de fissures. Nous sommes seuls et profitons allègrement d’une retenue d’eau chaude alimentée par plusieurs geysers. Le site est parfait pour camper : de l’eau chaude en permanence, une piscine chauffée pour nous tout seul dans un paysage grandiose, et même un coin cuisine (voir photo) ! Mais hélas les nuits sont fraîches et le thermomètre descend largement en dessous de zéro dès que le soleil s’enfuit. Ces nuits froides clouent Tim dans la tente au matin du 3º jour. Je demande à des touristes chiliens s’ils peuvent nous déposer à San Pedro avec leur pick-up et en 2 heures nous sommes de retour dans notre camping de la semaine dernière. Tim y dort pendant un jour et demi et nous choisissons, pour la suite de nos aventures de louer une jeep pour nous rendre en Bolivie : 2 jours de Jeep à la place de 8 jours de vélo…

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Vallée de la luna

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Campement dans la vallée de la Luna

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Route de sable, le bonheur des cyclistes chargés…

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Tim ex-star du BMX.

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La route vers les geysers el tatio

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Cuesta el diablo, ma pire journée à vélo…

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4000m d’altitude… et à vélo !

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Paysage d’altiplano à 4500m

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Balade à vélo près des geysers

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Balade à vélo près des geysers

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Geyser

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Couleurs volcaniques.

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Bain à 4300m d’altitude alors qu’il fait 3ºC dehors !

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Les geysers au petit matin

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-12ºC …. Ça pelle !

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Coin cuisine

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On a les glaçons pour le pastis !

De Santiago vers le désert

Ecrit par seb le dimanche 1 mai 2005

Santiago , ses rues bruyantes, ses belles filles, ses hommes en costard, ses rues nettoyées de toute pauvreté apparente, ses places surplombées de drapeaux tricolores, ses deux collines en plein centre ville, ses vieux quartiers, ses grands immeubles modernes… mais aussi sa pollution omniprésente, son cirque de montagnes qui l’entoure restant invisible derrière le fameux « fog », ses quartiers périphériques laissés à l’abandon, le stress de la capital et la nonchalance de ses habitants pressés.

Le Chili prend le chemin du modèle américain et Santiago en est le meilleur exemple avec ses drapeaux flottant à chaque coin de rues. Pour ma part, Santiago est une transition, une étape dans mon voyage et une pause bien méritée. Ce break d’une semaine recharge mes batteries et me permet de réparer Mitch’ qui avait besoin d’un check-up complet. Je suis chouchouté chez Roberto et sa famille qui m’ont gracieusement offert une chambre pour moi tout seul, le grand luxe ! Je suis tout de même content de quitter Santiago pour reprendre la route.

De Santiago vers le désert :
Depuis Santiago, je choisis de longer la côte et laisse de côté la cordillère des andes pour plus tard. J’emprunte la panaméricaine, route mythique qui remonte tout le Chili depuis le sud mais je m’écarte de cette autoroute au trafic intense à plusieurs reprises.

Le premier écart m’amène à Valparaiso, ville historique qui fût la ville la plus importante du Chili jusqu’à l’ouverture du détroit de Panama qui stoppa définitivement son activité portuaire. Aujourd’hui Santiago a repris le dessus mais Valparaiso a su garder son charme : des maisons se chevauchent les unes au dessus des autres en escaladant des collines qui font face à l’océan. Pour rejoindre les hauteurs de la ville, il faut emprunter des ascenseurs extérieurs imposant et décorant astucieusement la ville ou encore, pour les plus sportifs, enjamber des escaliers rivalisant de longueur avec ceux de Dubrovnik. En continuant vers le nord, je traverse Viña del mar, ses quartiers bourgeois et ses rues propres, pour rejoindre la côte d’azur Chilienne (heureusement désertée en automne).

Quelques jours de nouveau sur la routa cinco (panaméricaine) me permettent de rejoindre La Serena et Vicuña. Cette région (celle du pisco : alcool favori des chiliens) bénéficie d’un climat privilégié : une vallée fertile et verdoyante contrastant avec des montagnes pelées d’aridité.   C’est dans cette vallée que l’on trouve les meilleurs fruits du Chili et c’est également dans cette vallée que les nuits sont les plus clairs au monde. Quelques observatoires s’y sont donc logiquement installés et je visite celui de Mamalluca pour observer Saturne et ses anneaux, Jupiter et ses satellites et enfin la Lune et ses cratères.

Sur la route de nouveau, je laisse derrière moi les dernières vallées verdoyantes du Chili pour commencer la remontée vers le désert d’atacama. A quelques kilomètres de la routa cinco, je traverse un parc national perdu dans la sécheresse des montagnes du nord du Chili. Il contient comme seul et unique végétation : des cactus brûlés par la chaleur… Jusqu’à Antofagasta, séchant comme un lézard, je roule sur des chemins où l’esprit s’évade et la pensée se perd, faute de références visuels et auditives. Je me retrouve par hasard au pied de l’observatoire le plus grand du monde ( www.eso.org ), isolé de toute civilisation et de toute pollution de lumières. Par chance je me fond dans un groupe le visitant aujourd’hui même (il faut normalement réserver avec 3 semaines d’anticipation) et je découvre ici les prouesses technologiques que l’homme accomplit pour réaliser ses rêves.

J’arrive à Antofagasta sous la pluie et les éclairs (la dernière pluie date de 1999…), qui plongent la moitié de la ville dans l' obscurité (panne d' électricité dû à la pluie). Je me faufile dans le noir à la recherche de Tim, cycliste allemand que j’ai rencontré en Argentine. Je le retrouve facilement dans un bar et, autour d’une cerveza, nous mettons nos plans en commun pour traverser le désert et le salar d’atacama en direction de la cordillère des Andes et de la Bolivie.

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La fille de Roberto : ma prof d’espagnol.

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Jardin zen pour les stressés de la capitale.

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Kiosque à journaux

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Le vieux Santiago

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Le fameux fog… en face : les Andes. Mais rares sont les jours où les habitants de Santiago peuvent les voir.

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Les fameux joueurs d’échec sur la place centrale

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Le Montmartre de Santiago

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Jean-Paul II est mort, un drame en Amérique du sud.

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Quartier moderne de Santiago.

Pour le reste : pas de photos… Canon répart tranquillement mon appareil photo depuis 1 mois déjà…

Traversée de la Terre de feu

Ecrit par seb le dimanche 20 février 2005

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L' équipe aux sifflets : Jodi, moi et Josh. Voilà notre camouflage pour affronter notre pire ennemi, le vent !

Pour se rendre de Ushuaia, ville au bout du monde, à Punto Arenas, ville du départ pour le grand sud antarctique (à quelques heures de bateau seulement), il faut traverser la " terre de feu " que je nommerais volontiers " la terre du vent ". Elle est composée de steppe, d' ailleurs très bien décrite dans mon guide : " des milliers de kilomètres de plaine sans végétation, à part quelques herbes rases, de temps à autre ponctués par une Estancia, et des " oasis " sorties de nulle part... la plus grande partie du territoire patagonique argentin ne séduira pas les voyageurs par sa verdure, par sa luxuriance ou par sa diversité ! Beaucoup  la jugent même ennuyeuse et monotone. Mais d' autres, aussi, restent fascinés par ces étendues fouettées en permanence par des vents enragés, béances ouvertes sur des des cieux immenses. Le regard cherche désespérément un point d' attache, une butte où s' accrocher... mais la pensée file ailleurs, égarée et tourmentée. Un grand vertige." La Terre de feu comprend également Ushuaia, mythique en France grâce à Nicolas et dans le monde grâce à sa position géographique à l' extrême sud (Les chiliens déclarent, à raison, que Puerto Williams est bien la vrai ville la plus australe). Perdu entre les montagnes et le canal de Beagle, Ushuaia sait distraire les nombreux touristes qu' elle comprend. Cette ville me plaît avec ses petites rues et ses maisons de toutes les couleurs. Et il y a des endroits, que l' on visite seulement pour se dire qu' on y était...

Je quitte Usuhaia (sans y avoir trouvé Nicolas) accompagné de Jodi, Josh et de mon fidèle compagnon à deux roues Mitch' (ainsi baptisé par Jodi). Mon coeur est encore rempli de larmes suite au départ de Pauline mais le premier jour se déroule comme une sortie à vélo entre amis un dimanche ensoleillé, ce qui me remonte un peu le moral. Mis à part quelques petits cols, qui ne sont qu' une formalité pour nos mollets habitués à la cordillère des andes, nous atteignons facilement un jolie lac dans la soirée afin de préparer l' anniversaire de Josh. Nous célébrons ses 26 ans dès le petit déjeuner avec une " pancake party " : quel luxe pour des randocyclistes ! Après-midi de vélo, un rayon de cassé pour Josh, cela est maintenant une habitude. Mitch' ne déplore aucun rayon cassé et aucune panne majeure jusqu' ici (suerte...) : merci Monsieur Michenon pour ce vélo ! La belle route que nous avions hier a laissé place aujourd'hui au fameux ripio (chemin caillouteux). Les camions que nous haïssions déjà avant cette journée sont nos pires ennemis maintenant : ils dégagent un nuage de fumé qui nous oblige à stopper nos montures afin de respirer un air filtré par nos vestes. Le comble est qu' ils nous assomment de coups de klaxons, pourtant destinés à nous encourager. Mis à part des oiseaux, nous n'avons rien croisés aujourd'hui. Ce sera donc la soupe traditionnelle pour ce soir, nous reportons le gâteau d'anniversaire à demain soir.  A partir de Tolhuin, village près de notre refuge de la veille, nous quittons quittons les montagnes pour rentrer dans la steppe qui va nous accompagner pendant de nombreux jours. Pour ce troisième jour, nous avons avons une route parfaitement plate et asphaltée mais le vent rentre dans la partie. De face ou de côté il nous fouette le visage, nous projette dans le bas-côté et nous contraint à pèdaler comme des forcenés, y compris dans les quelques descentes où nous ne dépassons pas les 10 km/h ! Un campement de fortune entre la route et un cadavre de guanaco (lama) nous permet d' être à l'abris du vent et d'ouvrir une bouteille de vin, un gâteau sous cellophane qui accompagnent notre joyeux anniversaire franco-australien.

Dès notre réveil, nous constatons que le vent est de nouveau au programme de la journée mais heureusement la route est de nouveau asphaltée. Celui-ci me pousse à mes limites et arrivé à Rio Grande, après 60 kilomètres face à des vents frollant la tempête, je ne veux plus entendre parler de vélo... Pourtant le lendemain je suis de nouveau à califourchon sur mon fauve pour affronter notre pire compagnon de voyage. Mais pour cette cinquième journée, nous avons droit à une accalmie ! Nous en profitons pour admirer les oiseaux qui s' amusent à faire la course avec nous. La terre de feu est un paradis de nature : des pingouins, des oiseaux par milliers, un castor, un hiboux, des lamas par centaines, des renards qui viennent surveiller nos dîners tardifs et bien sûr des moutons. Nous avions prévu d' atteindre San Sebastian ce soir mais le vent s' est finalement levé et nous a arrêté à une Estancia (Sara), la plus grande de la région. Le temps se fige sur ces fermes aux dimensions démesurées et destinées essentiellement à l' élevage bovin. Le patron de cette ferme-villa nous offre abris et douche, avant même que nous ayons le temps de lui quémander. Le jour suivant nous mettons toutes les chances de notre côté en nous levant tôt, pour combattre celui qui effraie les cyclistes du monde entier. Par chance nous avons appris la veille que le vent n'est pas du tout matinal ici. Nous dépassons San Sebastian et la frontière Argentine pour nous retrouver 15 kilomètres plus loin à San Sebastian, cette fois-ci au Chili. Le vent nous laisse tranquille mais nous avons retrouvé les chemins ripio.
Il nous reste 130 km pour atteindre Porvenir et traverser le détroit de Magellans. Nous sommes tous les trois d' accord pour en finir au plus vite avec ces paysages qui nous font perdre toutes notions de reliefs. Nos compteurs affichent fièrement 82km (sur gravier, c' est important de le préciser !) lorsque nous trouvons refuge dans une Estancia. Victor, le berger, y vit seul avec ses trois chiens. Il nous ouvre la porte d' une maison qui sert à héberger une dizaine de personnes lors de la tonte des moutons. C'est le grand luxe pour nous et nous en profitons pour y rester deux nuits. En fait le vent ne nous a pas laissé le choix et notre rencontre avec Victor est tellement riche que nous ne pouvons pas partir sans avoir échangé un peu plus de nos vies respectives. Il nous dit à plusieurs reprises : " ici ce n' est pas le Chili : c' est une île. La terre de feu est un autre monde. " Je reconnaitrai plus tard qu'il avait raison et jean regretterai même ces steppes qui nous offraient de si belles rencontres. Nous quittons Victor au petit matin, avec le ventre rempli de ses petits pains, le coeur serré et les yeux pétillants. Porvenir se présente à nous comme un ville morte. Le temps d' une sieste et tout d' un coup un restaurant et un negocio ouvrent leurs portes, des voitures arrivent par dizaines, des touristes armés de leurs traditionnels questions quant à notre attirail s' approchent de nous,  des policiers arrivent et enfin, c' est au tour du bateau de faire son apparition dans le golf. Celui-ci fait vivre toute la population aux alentours. Nous traversons le détroit de Magellans pour Punta Arenas et laissons derrière nous Victor avec sa Terre de feu, la steppe avec ses herbes rases et les estancias avec leurs moutons.

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Ushuaia, ses fils électriques, ses lampadaires bleus et ses montagnes du bout du monde

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A ce moment précis, nous quittons Ushuaia. Le vent, caché derrière les montagnes, ne s'est pas encore montré...

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Cette journée reste la meilleur de cette traversée : vent de dos, route parfaitement lisse et vues splendides !

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10 jours de vélo, 10 rayons de cassés...

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Cette vue s' offre à nous telle une récompense après un dur effort.

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JOYEUX ANNIVERSAIRE JOSH !!!!!!!!

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Nous  doublons des engins qui terrassent la route pour de futures heureux cyclistes.

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Jodi est juste derrière ce camion et il en passe des centaines par jour sur cette route de graviers !

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Voilà le résultat...

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Vue depuis notre refuge rudimentaire du 2ºjour. Le doyen nous assure que c' est la plus belle vue de la terre de feu.

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Voilà le seul moyen pour s' abriter du vent : se coucher par terre derrière un butte !

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INICIO PAVIMENTIO !!!! Ces panneaux sont une joie pour nous.

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JOYYEUX ANNIVERSAIRE JOSH (suite...)

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On ne peut pas être plus clair !

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Habitude matinale qui ferait plaisir à mon prof de Judo : étirements !

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Au fond d' une Estancia, je trouve une remorque parfaite pour mon vélo. C' est avec cette remorque que la laine était acheminée aux principaux ports de la région.

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Au milieu de nulle part, cette cabane nous donne un répit pour s' abriter du vent et cuisiner une bonne soupe. Pour le film du soir nous auront droit à un hiboux, un coucher de soleil somptueux et un troupeau de guanaco en exclusivité.

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Ces collines annoncent la fin de la steppe.

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A la recherche d' un peu d' eau, nos hôtes nous offrent café, thé et petits sandwichs : l' hospitalité chilienne est un exemple !

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Un coup de main à Victor pour rentrer son bois, seul combustible en sa possession (pas d' électricité ici).

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Jodi au boulot également, il nous faut un pull à chacun pour affronter l' hiver qui approche.

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Victor

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"Chez" Victor

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Sieste à Porvenir, la ville morte.

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Le détroit de Magellans et la fin de la terre de feu.